Dans le cadre de ma formation en santé et langage à l’Université Laval, j’ai réalisé un travail de session portant sur la façon dont les facteurs environnementaux peuvent influencer les troubles du langage chez les personnes ayant un trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) ou ayant été exposées à l’alcool pendant la grossesse (EPA).
Ce projet ne constitue pas une recherche scientifique originale, mais plutôt une analyse de la littérature existante. Il m’a permis de mieux comprendre les liens entre le développement de l’enfant, ses apprentissages et l’impact que peut avoir son environnement. Il s’appuie aussi sur plusieurs cours suivis durant ma formation, dont le développement cognitif et socioaffectif, le développement de l’enfant et les processus cognitif
À partir d’une analyse de la littérature scientifique, plusieurs constats se dégagent :
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Les troubles du langage (réceptifs et expressifs) sont parmi les comorbidités les plus fréquentes du TSAF.
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Les facteurs environnementaux comme la négligence, l’instabilité résidentielle ou les expériences adverses dans l’enfance aggravent souvent ces difficultés.
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Le milieu de vie joue un rôle clé : l’adoption ou un environnement familial stable peut agir comme facteur de protection, alors que la vie en institution ou les multiples déplacements augmentent les risques.
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À l’âge adulte, les troubles du langage et de communication peuvent avoir des répercussions majeures : difficultés scolaires, problèmes d’emploi, risque accru d’itinérance, de délinquance ou de judiciarisation.
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Toutefois, avec des soutiens adaptés (routines, accompagnement, environnements de travail inclusifs), les personnes atteintes du TSAF peuvent développer leurs compétences langagières et sociales et améliorer leur qualité de vie.
En conclusion
Les troubles du langage liés au TSAF/EPA sont complexes et multidimensionnels : bien qu'ils découlent d'abord de l’exposition prénatale à l’alcool, ils sont aussi impactés par les conditions de vie et les expériences vécues après la naissance. Pour mieux soutenir cette population, il est essentiel :
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d’assurer une détection précoce,
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de favoriser la stabilité des milieux de vie,
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et d’augmenter la participation des orthophonistes afin d’adapter les interventions.
Pourquoi le partager?
Même si ce travail est de nature académique, j’ai choisi de le rendre disponible dans la section Recherche de Safera parce qu’il apporte un regard structuré et documenté sur un sujet qui touche directement les familles et les intervenants.
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Il aide à mieux comprendre certains enjeux concrets, par exemple pourquoi les jeunes ayant un TSAF/EPA présentent souvent des défis particuliers en langage.
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Il sert aussi de point de départ à notre formation SOS TSAF, développée par l’organisme pour soutenir les proches et les professionnels.
En quelques mots
En tant que directrice adjointe et technopédagogue de Safera, je crois qu’il est essentiel de rendre accessibles les savoirs scientifiques et universitaires qui peuvent éclairer nos pratiques et appuyer les familles. C’est dans cette optique que je partage ce document : pour offrir un outil de réflexion et contribuer à une meilleure compréhension du TSAF/EPA dans une perspective de soutien et de sensibilisation.
Et, en tant que maman de coeur de 2 jeunes porteurs du TSAF, si vous n'avez qu'un extrait à retenir, pour moi, c'est celui-ci :
les professionnels qui soutiennent les familles doivent être conscients que les difficultés sont susceptibles d'être parfois uniquement liées à l’EPA sans avoir de lien avec la qualité parentale, tel que le mentionnent Mukherjee et al. (2019).
P.S. un merci tout spécial à mes enseignants de ULaval
Annie McClure