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Découverte et connaissances actuelles

SAF: une découverte récente, ancienne problématique!

L’alcoolisation foetale n’est pas une invention du 21ème siècle!

Dès l’Antiquité des mises en garde sont relevées dans les textes retrouvés: alcool et enfantement ne font pas bon ménage. 

Platon et Aristote, dans la Grèce antique, Sir Francis Bacon, dans l’Angleterre du 17ème siècle, et bien d’autres ont tenté d’alerter leurs concitoyens.

Mais c’est en Europe qu’ont débuté dès la fin du 19ème siècle les premières recherches sur les effets de l’alcool sur le fœtus, principalement en France, en Angleterre et en Suisse.

 

Alcoolisation foetale et évolution du rôle des femmes au XXème siècle.

On ne peut parler d’alcoolisation foetale sans parler de l’évolution de la condition des femmes. De façon brève il importe de dire que la Deuxième guerre mondiale a indirectement contribué à faire exploser les cas d’alcoolisation foetale. Appelées à sortir de chez elles pour remplacer dans les manufactures leurs hommes partis au front, les femmes ont apprécié ce genre de vie, et au retour de leurs maris, dans les cas les plus heureux, plusieurs ont décidé de ne pas redevenir des « reines du foyer ». Graduellement, le mouvement féministe aidant, les femmes mariées se sont mises à travailler à l’extérieur de chez elles, gagner leur propre argent, et adopter le même style de vie que les travailleurs masculins. Les mouvements de tempérance souvent populaires auprès d’elles ont commencé à perdre leurs attraits, et les femmes se sont mises à trinquer, pour le meilleur et le pire. L’information sur les effets de la consommation d’alcool pendant la grossesse n’étant pas au rendez-vous, de plus en plus d’enfants sont nés de grossesses alcoolisées.

 

Évolution des connaissances sur l’alcoolisation foetale en Occident

En 1957, en France, une femme et psychiatre, Dre Rourquette, décrit certains traits morphologiques et caractériels observables chez les enfants de mères alcooliques.

Dr Paul Lemoine

L’année suivante, le pédiatre français Paul Lemoine amorce une étude sur les enfants de mères alcooliques et en 1968, il en publie les résultats : il est le premier à décrire avec exactitude et de façon complète le tableau clinique des enfants affectés par l’alcoolisation fœtale. La même année, en Roumanie, Sandor conduit une étude sur les effets de l’alcool pendant la gestation en injectant de l’alcool dans des œufs fécondés de poule : les poussins naissent avec des malformations et des déficiences.

Du côté du Pacifique, en 1973, les chercheurs des États-Unis, John Smith, Kenneth Jones, Christy Ulleland et Ann Streissguth

Ann Streissguth (et Philippe Dehaene)

arrivent aux mêmes conclusions que Paul Lemoine et nomment ce syndrome Fetal Alcohol Syndrome, remplaçant ainsi l’expression FLK (« Funny Looking Kid »), utilisée jusque là par défaut aux États-Unis, et les « petits Lemoine » en France.

Et un an plus tard, en 1974, le médecin russe G.I. Shurygin publiera dans son pays une étude dans laquelle il y décrit les effets de l’exposition prénatale à l’alcool à partir de ses comparaisons entre les enfants de mères d’abord abstinentes ayant ensuite consommé de l’alcool pendant leurs  grossesses subséquentes.

 

Philippe Dehaene, 1995

Autre pionnier, le pédiatre français Philippe Dehaene: non seulement lui doit-on l’appellation «syndrome d’alcoolisation foetale» mais il est aussi l’auteur du premier livre francophone sur la question, La grossesse et l’alcool, qu’il a publié aux P.U.F en 1995 et a collaboré et échangé régulièrement avec Ann Streissguth.

 

Évolution des connaissances et des pratiques au Canada et au Québec

Au Canada, c'est en Colombie-Britannique que l'on a COMMENCÉ à se préoccupper de l'alcoolisation foetale et les premiers documents À ce sujet dateNT de 1984. Les provinces de l'Ouest ont emboité le pas par la suite, ainsi que Santé Canada. Ce ministère  puis l’Agence de santé publique du Canada ont longtemps stimulé et encouragé la recherche et le partage des connaissances sur le TSAF.  


Lignes directrices canadiennes-Diagnostic TSAF-2005

En 2005 l’implication soutenue et acharnée de 6 praticiens de la santé du Canada a permis  de doter les médecins canadiens et autres intervenants de Lignes directrices canadiennes  concernant le diagnostic  : l’apport d’Albert E. Chudley, Julianne Conry, Jocelynn L. Cook, Christine Lock, Ted Rosales et de Nicole LeBlanc, pédiatre acadienne et seule francophone du groupe, est aussi important que précieux pour les personnes vivant avec un TSAF. Ces lignes directrices ont été révisées en décembre 2015 


Colloque 2010-Québec

Au Québec, l’Institut National de Santé Publique se préoccupe de cette condition depuis 2003, alors que l’organisme a reçu le mandat d’effectuer un état de la situation du SAF au Québec, en réponse à une demande de SAFERA formulée en octobre 2003 lors d’une rencontre privée avec Philippe Couillard alors ministre de la Santé. Le 24 novembre 2010, l’Institut a organisé une journée complète sous le thème Exposition prénatale à l’alcool. Des connaissances suffisantes pour agir  dans le cadre des Journées annuelles de santé publique (JASP), L’écho de nos choix. Cette journée s’est terminée par une table ronde avec la participation de SAFERA sur la nécessité du diagnostic, et a accueilli plusieurs conférenciers, dont SAFERA, qui a parlé de l’impact du TSAF sur les personnes atteintes et leurs familles.

En 2011, l’INSPQ présentait un autre rapport, et constatait que le Ministère de la Santé n’avait pris aucune mesure pour appliquer les recommandations formulées dans l’étude demandée par le ministre Couillard; des initiatives de prévention se sont poursuivies ou se sont amorcées de façon isolée mais sans coordination ministérielle, et sont nettement insuffisantes pour répondre aux besoins identifiés en 2003.


La femme enceinte et l’alcool, Ministère des Affaires Sociales du Québec, 1979

Curieusement, bien avant la Colombie-Britannique,  le Ministère des Affaires Sociales, devenu ensuite le MSSS, était à l'avant-garde en publiant deux dépliants sur la grossesse et l’alcool en 1979 et en 1980, dont le premier, La femme enceinte et l’alcool. Depuis le silence s'est installé.

 

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)


L'Institut National de Santé Publique du Québec heureusement se préoccupe de cette condition depuis 2003, alors que l’organisme a reçu le mandat d’effectuer un État de situation du syndrome d'alcoolisation foetale au Québec ( www.inspq.qc.ca/pdf/publications/291-SyndromeAlcoolisationFoetale.pdf ), en réponse à une demande de SAFERA formulée en octobre 2003 lors d’une rencontre privée avec Philippe Couillard alors ministre de la Santé. Le 24 novembre 2010, l’INSPQ a organisé une journée complète sous le thème Exposition prénatale à l’alcool. Des connaissances suffisantes pour agir  ( http://jasp.inspq.qc.ca/exposition-prenatale-a-lalcool-des-connaissances-suffisantes-pour-agir.aspx) dans le cadre des Journées annuelles de santé publique (JASP), L’écho de nos hoix. La journée s’est terminée par une table ronde avec la participation de SAFERA sur la nécessité du diagnostic, et a accueilli plusieurs conférenciers, dont SAFERA, qui a également exposé l’impact du TSAF sur les personnes atteintes et leurs familles 

En 2011, l’INSPQ présentait un autre rapport, et constatait que le Ministère de la Santé n’avait pris aucune mesure pour appliquer les recommandations formulées dans l’étude demandée par le ministre Couillard; des initiatives de prévention se sont poursuivies ou se sont amorcées de façon isolée mais sans coordination ministérielle, et sont nettement insuffisantes pour répondre aux besoins identifiés en 2003.

Responsable depuis quelques années de la publication du guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, l’INSPQ recommande l’abstinence pendant la grossesse, donne des conseils concernant l’alcool et l’allaitement. et mentionne la ressource SAFERA.

 

Et merci à…

D’autres personnes ont soutenu les efforts de SAFERA pour faire connaitre le SAF au Québec. Merci à Nathalie Brunelle, infirmière-alcoologue, qui au tout début des premiers balbutiements de SAFERA, a initié un échange fructueux d’information et de collaboration entre les cieux de la France et ceux du Québec, à Peggy Seo Oba, qui a fait la même chose entre le Missouri et le Québec, Patrick Dubray en Allemagne, Val Surbey et Carole Julien du Canada, permettant à SAFERA de se situer au carrefour des informations entre les approches européenne et américaine de la prévention de l’alcoolisation fœtale.

Et aussi un immense merci aux medias québécois et francophones canadiens, et particulièrement aux premiers journalistes qui ont osé aborder ce problème de santé publique méconnu au Québec il y a quelques années; certains ont parfois subi l’ire de représentants de l’industrie de l’alcool, démontrant tristement qu’ils étaient plus intéressés à voir gonfler leurs profits et à peaufiner leur image publique qu’à avertir la population que le produit qu’ils vendent est toxique pour le fœtus et à contribuer à la prévention de l’alcoolisation fœtale.





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